Dé-designer, Décoloniser, Réparer, Réhabiter

Enquête par le design dans le continuum colonial et les interstices d’une réhabitation en territoire dyonisien

Depuis une posture de designer-habitante-chercheuse résidant à Saint-Denis, cette thèse en recherche-création est une enquête par le design sur les oppressions systémiques et les inégalités environnementales dans le territoire dionysien. Elle interroge les héritages coloniaux qui structurent la ville et cherche à rendre visible, avec les habitant·es et les acteuric·es de terrain les formes de résistance et de réhabitation qui s’y inventent. Saint-Denis concentre des héritages multiples et entremêlés, passé industriel extractiviste, vagues successives d’immigration postcoloniale, relégation urbaine, inégalités environnementales structurelles. Le continuum colonial ne se lit pas seulement dans les archives, il s’incarne dans les formes bâties, dans les corps, dans les mémoires, dans les sols et dans l’air respiré. Face à ce constat, la thèse s’appuie sur le biorégionalisme décolonial et la redirection écologique pour examiner ce qu’elle nomme les communs négatifs coloniaux. Elle adopte une posture d’enquête pour produire avec les habitant·es, un fonds commun restitué au territoire. Le design y est un instrument de médiation autant que d’investigation. S’inscrivant à la croisée du design territorial, des études décoloniales et de l’écologie politique, la thèse cherche à reconstituer le passé enfoui de ces territoires pour documenter comment les habitant·es s’organisent dans un territoire marqué par la colonialité avec et à partir de ses spectres, histoires invisibilisées, traces que l’urbanisme officiel a recouvertes sans les effacer.

Inès Bel Mokhtar, EnsadLAB

Doctorat en attente de financement

Mots clés :

Encadrement :

Mathias Rollot, HDR (CRESSON ENSA-Grenoble, Associé SACRe)

Marion Nielsen dit Christensen, DR (EnsadLab, Territoires – Ensad-PSL)